card

Vie quotidienne

Comment passer une grossesse de jumeaux sereine ?

Pour relever le challenge de la grossesse gémellaire, il est nécessaire de connaître les obstacles que l’on peut rencontrer mais surtout de se concentrer sur l’objectif et de s’entourer d’une équipe médicale adaptée. Le mental est tout aussi important que le physique.

Les risques propres à la grossesse

Certaines personnes n’auront en s’adressant à vous que ce mot à la bouche : « grossesse à risques ». Encore faut-il savoir de quels risques on parle. Les connaître nous permet de mieux les appréhender.

Jumeaux et prématurité

La crainte principale des parents de jumeaux est la prématurité. Il est vrai que les bébés jumeaux sont une majorité à naître prématurés et que ce n’est pas un risque à prendre à la légère. Ce qui peut tout de même vous rassurer, c’est que l’âge gestationnel moyen des jumeaux se situe à 35,5 SA (semaines d’aménorrhée, ce qui correspond à 33,5 semaines de grossesse) contre 40 SA pour une grossesse simple. Le bébé qui naît entre la 35e et la 36e SA est généralement peu exposé, c’està- dire qu’on le considère comme un prématuré, mais il n’a pas besoin de soins post-partum particuliers. Il est simplement fragile et est placé dans un centre ordinaire de prématuré. Contrairement aux grossesses simples, dont le terme est à 41 SA, la plupart des maternités préconisent un déclenchement systématique des grossesses gémellaire avant 39 SA. Pourtant, certaines études tendraient à démontrer que les bébés jumeaux sont prêts même encore plus tôt. Ainsi, au Royaume-Uni, une méta-analyse réalisée par les scientifiques de l’Université Queen Mary de Londres indique qu’il serait préférable de provoquer les accouchements à la 36e SA pour les grossesses monochoriales et à la 37e SA pour les bichoriales. Les jumeaux se développeraient in utero plus vite de 2 semaines environ et les risques de poursuivre la grossesse seraient alors plus importants que les bénéfices attendus.

Les autres risques principaux
  • le retard intr-utérin : Le deuxième risque le plus important qui touche 20 à 30 % des jumeaux est le retard de croissance intra-utérin. On parle d’un écart de poids d’au moins 30 % entre les deux bébés, et il peut nécessiter un déclenchement précoce de l’accouchement ou une césarienne. Par exemple, l’un de mes jumeaux avait un retard intra-utérin. À la naissance, mes deux bébés pesaient respectivement 2 kg et 3 kg. L’accouchement a eu lieu sous césarienne car le 1er à sortir aurait été le plus léger et le 2e n’aurait pas eu la place pour se frayer rapidement un chemin. Mais rassurez-vous, ils ont rapidement rattrapé leur retard et tous les deux ont poursuivi une croissance normale par la suite.
  • Le Syndrome Transfuseur-Transfusé :  Enfin, vous entendrez sans doute parler du Syndrome Transfuseur-Transfusé. Lorsque les jumeaux partagent le même placenta, il peut survenir un déséquilibre du débit sanguin entre les deux bébés. Bien que rare, il peut entraîner des complications graves. Le STT concerne uniquement les grossesses monochoriales et ne touche qu’environ 15 % des jumeaux monozygotes. Dans 60 % des cas, il peut être traité en drainant le liquide amniotique dans la poche du bébé recevant l’excès de sang.

 

Un suivi médical différent

Le suivi de la future maman de jumeaux est en effet plus important au regard des risques évoqués. Mais il est important que vous acceptiez le caractère atypique de cette grossesse et que vous arriviez à relativiser en abordant les prochains mois de manière positive. Cette grossesse sera sans aucun doute plus médicalisée, et peut-être plus stressante. Vous serez amenée à restreindre plus rapidement vos activités et trajets en voiture, un repos précoce sera peut-être nécessaire. Mieux vaut donc s’y préparer et se laisser porter plutôt que d’essayer de nager à contre-courant ! Pour autant, si son suivi est plus complexe, cela ne veut pas dire que cette grossesse va mal se passer ! Au contraire, dans la grande majorité des cas, une grossesse gémellaire se finit très bien.

On vous a prévenu, vous allez être suivie de près et testée régulièrement ! Vous aurez les mêmes tests que pour une grossesse simple, mais plus tôt et plus souvent. Régulièrement, votre gynécologue vous prescrira des analyses sanguines pour rechercher l’anémie ou le diabète gestationnel. Concernant les échographies, c’est au moment de la première échographie officielle, lors de la 11e ou de la 12e SA, que vous saurez par quel type de grossesse gémellaire vous êtes concernée. Dans le cas d’une grossesse bichoriale, vous aurez le droit à une consultation et une échographie mensuelle. S’il s’agit d’une grossesse monochoriale, il faudra réaliser une échographie bimensuelle dès le 5e mois afin de diagnostiquer précocement un éventuel syndrome transfuseur-transfusé.

 

Comment bien choisir sa maternité ?

La moitié des jumeaux naissent vers le 8e mois. À ce stade, la prématurité n’est pas considérée comme grave et il est possible pour la maman d’accoucher dans n’importe quel type de maternité. Mais il est malheureusement impossible de savoir quand vous allez accoucher et à quel stade vos bébés vont naître : le choix de la maternité est donc une étape importante.

Type 1, 2 ou 3 : ça change quoi ?

Si vos bébés se présentent avant le terme prévu pour leur prise en charge par l’établissement que vous avez choisi, ils seront automatiquement transférés dans la maternité adaptée la plus proche où celle disposant de place pour les accueillir. Cette séparation peut s’avérer très douloureuse, avoir des conséquences sur l’allaitement et compliquer fortement les déplacements du papa. Les médecins vous conseilleront donc de choisir au moins une maternité de type 2. Il est important de se décider rapidement car :

  • Même si en tant que future maman de multiples vous êtes prioritaire dans les maternités de niveau 2 et 3, les places dans certaines d’entre elles sont vite toutes réservées.
  • En débutant rapidement le suivi directement dans une maternité de type 2 ou 3, les gynécologues sur place, habitués à s’occuper de grossesses gémellaires, sauront vous accompagner et vous rassurer.
Un compromis à trouver

Il ne vous reste plus qu’à choisir la maternité de type 2 ou 3 la plus adaptée à votre cas. Il vous faudra faire un compromis entre sécurité, proximité et confort.

  • Si votre grossesse gémellaire est de type monochoriale monoamniotique ou triple, votre gynécologue vous conseillera sans doute de privilégier d’office une maternité de type 3.
  • Si votre grossesse est de type biamniotique et que la maternité de type 3 est très loin de chez vous, il est peut-être contre-productif de s’infliger de trop longs déplacements, surtout en fin de grossesse. Une maternité de type 2 plus proche pourrait être plus adaptée.
  • Si une maternité de votre sélection bénéficie d’une unité que l’on appelle « unité mère-bébé » qui permet l’accueil les bébés nés peu prématurément ou étant sur la fin de leur séjour en néonatalogie, cela peut être un atout.
  • Aucun médecin ou sage-femme n’autorisera un accouchement à domicile pour des jumeaux mais certaines maternités disposent de salles dites « nature » ou proposent d’adapter un projet de naissance aux contraintes de la grossesse gémellaire. Le personnel y est formé pour permettre, dans le cadre autorisé, un accouchement le plus naturel possible.

Vous l’aurez compris ces petits êtres ne sont pas encore là et déjà vous commencez à faire des choix pour eux ! L’équipe médicale qui vous suit est là pour vous épauler, vous rassurer et vous conseiller. Posez autant de questions que nécessaire à votre gynécologue : il est votre entraîneur sportif de référence dans cette épreuve d’endurance.

 

 

Cet article vous a plu ? Découvrez d'autres explications et conseils dans  "Parents de jumeaux - 10 clés pour se préparer et s'organiser au quotidien" de Sophie Kernen, créatrice du site www.jumeauxandco.com :

 

 

 

 

couverture "10 clés - parents de jumeaux"

Cliquez ici pour feuilleter le livre !

L'ouvrage est disponible en ligne.

Le livre du mois

Vous, Parents

Vous Parents, c'est un ouvrage d’utilité publique par le Dr Arnault Pfersdorff pour enfin partir du parent et non de l’enfant, car être parent, c’est conjuguer le quotidien familial, intime, professionnel, scolaire, toutes ces sphères qui gravitent autour du maillon parent-enfant.

  • 76 questions réparties autour des thématiques essentielles du quotidien  : nos questionnements les plus intimes sur notre posture de parent, le couple, les grands-parents, les relations familiales, les amis, le monde médical, les intervenants de la petite enfance et de la scolarité jusqu’au lycée.
  • Une approche sincère qui aborde les sujets les plus délicats sans tabou, de manière bienveillante et complète  : chacun y trouvera les réponses à ses difficultés.
  • Un traitement efficace qui permet une lecture agréable grâce à un texte aéré par des intertitres, des exergues et des mini-sommaires.

Disponible en librairie ! 

En savoir plus
card

Vous souhaitez améliorer votre quotidien avec vos enfants ?

Toutes nos bonnes astuces dans votre messagerie. Inscrivez-vous !