Toutes nos bonnes astuces dans votre messagerie. Inscrivez-vous !

Mentions légales

Développement de l'enfant

Dr. Dieu Osika : "Avant 3 ans, les écrans n'apportent rien !"

0-3 ans
Dr. Dieu Osika : "Avant 3 ans, les écrans n'apportent rien !"

Il va sans dire que les écrans sont omniprésents dans nos sociétés. Bien qu'utiles, il est important de modérer leur utilisation. Cela vaut pour les grands mais aussi et surtout pour les petits ! Pour en parler, le Dr. Sylvie Dieu Osika répond aujourd'hui à nos questions.

Le Dr. Sylvie Dieu Osika est pédiatre depuis plus de 30 ans, membre fondateur du CoSE (Collectif surexposition écrans), et auteure de l'ouvrage "Les écrans - mode d'emploi pour une utilisation raisonnée en famille" aux Éditions Hatier. 
 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que médecin ? 

Je suis pédiatre depuis 1992. Je travaille en consultation de ville depuis toujours et également dans un hôpital avec un service de pédiatrie important. J’ai toujours aimé les enfants, ils sont magiques, plein d’entrain, d’envie de découvrir et d’émerveillement. Étant plus jeune, je suis souvent partie en colonie de vacances et j’ai également été monitrice, ce qui m’a permis d’être très tôt auprès d'enfants. Depuis, je suis devenue maman de 5 enfants !
Naturellement, quand je suis devenue docteur en médecine, j’ai choisi la pédiatrie ! Je suis chaque jour au contact des enfants de 0 à 16 ans, je soutiens les familles dès les premières visites en essayant de donner confiance aux parents dans leur capacité à s’occuper de leurs enfants et de les conseiller au mieux.


Pourquoi avez-vous souhaité écrire un ouvrage sur l'emploi des écrans en famille ? 

Avec l'arrivée du numérique, notre monde a changé. L'univers qui entoure l’enfant n’est plus le même qu’il y a 10 ans ; les familles ont besoin de repères et les écrans sont arrivés dans les foyers sans qu'aucun mode d’emploi ne soit donné aux parents. J’ai vite constaté que ces derniers ont laissé les écrans envahir leur quotidien et donc celui de leurs enfants.

Ils croyaient souvent bien faire : apprentissage d’une langue, mise en place précoce du numérique pour ne pas être en retard sur l’utilisation de la tablette …. Il n’en est rien : avant 3 ans, les écrans n’apportent rien aux enfants en termes d’apprentissage. De plus, ils apprennent à s'en servir en quelques minutes seulement, ils ne seront donc pas en retard comme on peut le penser.
Dans ce monde virtuel, comme dans le monde réel, il faut des règles qu'il est important d'expliquer aux parents.


Vous travaillez en pédiatrie depuis plus de 30 ans, l'impact des écrans a-t-il toujours été un sujet sensible ? 

L’impact des écrans n’a pas toujours été un sujet sensible ; il y a 20 ans, il n’y avait pas de tablette ni de smartphone et le programme de télévision n’avait rien à voir avec l’offre actuelle (les programmes « pour enfants » se sont multipliés et sont diffusés désormais 24 h sur 24). Il pouvait déjà arriver que certains enfants regardaient un peu trop la télévision le mercredi, ou trop tard le soir.
Mais à présent c’est très différent ! Avec le wifi et la 4G, ils peuvent regarder tout le temps, n’importe où, et sur de multiples écrans (TV, tablette, téléphone …). L’offre est immense, comment résister ! D'ailleurs, nous-même adultes, nous avons du mal ... alors les enfants ! Fascinés par ces écrans, ils se font happer aussi, au détriment de leurs apprentissages, de leur sommeil, de leur socialisation et ce, à tout âge.


Vous êtes l'un des membres fondateurs du collectif CoSE (surexpositionecrans.org). De quoi s'agit-il ? 

CoSE est une association de bénévoles qui travaillent au contact des enfants depuis plus de 20 ans : pédopsychiatres, pédiatres, psychologues pour enfant, orthophonistes … Nous avons tous, au fur et à mesure de nos consultations, vu les écrans prendre une place grandissante dans les foyers. Nous avons très vite compris la nécessité d’informer les familles et constaté les troubles des enfants surexposés. Nous avons alors décidé de former un collectif et de créer un site internet pour les familles et les professionnels qui sont nombreux à nous rejoindre.
Aujourd'hui, plus de 3500 personnes ont signé notre charte. Je vous invite à faire de même afin que notre voix soit entendue. Soyons clairs, nous ne cherchons en rien à interdire, nous cherchons à bien informer pour utiliser au mieux les écrans. Vous trouverez sur notre site des témoignages de parents, des articles sur le sujet, des questionnaires sur le temps d’écran, des affiches, des liens vidéo … et notre charte. Si vous le souhaitez, vous pouvez adhérer à l'association de soutien du collectif afin de nous soutenir nous, bénévoles, et ainsi participer de façon active à cette lutte pour protéger nos enfants !


Pouvez-vous nous donner, en quelques phrases, vos 4 conseils clés pour utiliser les écrans de manière raisonnée en famille ? 
 

  1. Tout d’abord, préservez le lieu de sommeil de votre enfant des écrans. Il est préférable quel que soit l’âge (donc même pour les grands enfants) de ne mettre aucun écran dans la chambre : pas de TV, pas d’ordinateur, pas de PlayStation et pas d'écrans nomades non plus (téléphone et tablette). Ainsi, vous savez ce qu’il regarde et pendant combien de temps.
  2. Évitez les écrans le matin, notamment avant l’école, et pas avant une certaine heure les week-ends et les vacances. Votre enfant vous parlera, apprendra à s’habiller et à manger et sera beaucoup plus calme et concentré à l’école.
  3. Pendant les repas, les écrans doivent être éteints, ainsi on prend conscience de ce que l’on mange, on manipule, on se parle et on se regarde « vraiment ».
  4. Il faut aussi préserver le sommeil et favoriser un bon endormissement, c’est essentiel à la bonne humeur, à la santé et aux bonnes capacités d’apprentissage. Cela signifie donc pas d’écran une heure avant de dormir. Lisez des histoires avec un vrai livre, les enfants adorent ça, même les grands …

TIPS : d'autres conseils sur l'ouvrage "Les écrans - mode d'emploi pour une utilisation raisonnée en famille" !


Pour finir, outre les écrans, quels sont les sujets sensibles sur lesquels les parents devraient être les plus attentifs ? 

Le sommeil est un sujet sensible. Je vois de plus en plus d’enfants fatigués qui ne dorment pas suffisamment. Les enfants s’endorment tard, au-delà de 21h30 / 22 h, et se réveillent tôt du fait de l’école bien sûr mais aussi parfois le week-end pour regarder au plus vite leurs chaînes de télévision. Certains enfants ne dorment que 8h par jour, ils leur manquent donc 2 à 3 heures de sommeil. Ils sont épuisés, énervés, agités, coléreux, impatients et difficiles à l’école. Un enfant fatigué contrairement à un adulte fatigué ne va pas se coucher en se disant "Je suis fatigué, je vais dormir". Il va courir partout ou rester hypnotisé sur l’écran pour ne pas s’endormir. Le manque de sommeil a des répercussions négatives multiples et importantes pour l’enfant.
L’autre sujet que j’observe encore trop souvent, c’est l’absence de règles données à l’enfant. Parfois, on n'ose pas dire "non" à son enfant, on est triste de le contrarier et on fait tout pour éviter qu’il pleure, qu’il se fâche. Mais l'enfant a besoin de règles, d’interdits, de limites sinon il est perdu, angoissé, en difficulté avec les autres. Il a besoin d’un environnement sécure, c’est essentiel à son bonheur. Avec des limites, il sait où il va, il sait qu’on l’accompagne et qu’il n’est pas seul à décider. La frustration est nécessaire à l’éducation bienveillante d’un enfant.

 

Pour plus d'informations, retrouvez tous les conseils du Dr. Sylvie Dieu Osika en vidéo, et dans son ouvrage "Les écrans" paru aux Éditions Hatier : 

QUI EST-ELLE - Sylvie DIEU OSIKA

Le Docteur Sylvie Dieu Osika a été interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris en pédiatrie pendant 10 ans.

Partager