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Vie quotidienne

Mon enfant est-il vraiment capricieux ?

3-6 ans
Mon enfant est-il vraiment capricieux ?

Les caprices sont souvent notre hantise : nous faisons notre maximum pour les éviter. Mais la réalité nous rattrape : malgré nos valeurs, notre cadre et le temps passé à leur expliquer pourquoi nous refusons de tout leur donner, ces derniers semblent continuer leurs pleurnicheries et se jouer de nous. Le ton monte et la colère du parent vient se mêler à celle de l’enfant. Souvent hélas, nous finissons par céder pour que les tensions s’arrêtent, par crainte du regard des autres ou par peur du conflit. Que faire ? Quel comportement adopter face aux caprices ?

Le caprice fait partie du développement normal de l’enfant

Le système nerveux de l’enfant est encore immature : il a du mal à gérer la frustration. Il faut bien intégrer que ses modes d’expression ne sont pas ceux d’un adulte. Tout-petits, comme ils ont de la peine à s’exprimer, les enfants extériorisent leurs besoins et leurs sentiments de manière corporelle.

À partir de 2 ans, pendant toute la période du non, et donc des « caprices », l’enfant commence à s’affirmer : « Non, je ne veux pas ça ! », « Achète-moi ça ! », « Je le veux tout de suite ! », « Va-t’en, non, reste ! », etc. Par ces mots maladroits, il est en train de montrer son désir de se différencier de vous. Cela n’a rien à voir avec une envie de vous défier. C’est plutôt une expérimentation de sa part. Cette phase est importante pour que l’enfant ne déprime pas ou reste toujours passif par rapport aux désirs de son parent calqués sur ceux de la société : « Range tes affaires ! », « Tiens-toi droit ! » ou « Mange correctement ! ».

Son expression passe alors nécessairement par le corps et le cri. Bien sûr, il sait s’exprimer avec un langage simple, lié à son environnement direct (aliments, jouets, sommeil, etc.). Mais il connaît encore trop peu de mots pour nommer ses émotions, exprimer ce qu’il ressent et ce qui le gène. Il a donc besoin de son parent pour l’aider, par le dialogue, à saisir ce qu’il se passe en lui au moment des crises.

Voici 3 astuces pour aider à surmonter les crises

Laissez de côté vos suppositions et imaginez que votre enfant vous veut du bien

À chaque fois que vous imaginez que votre enfant fait cela contre vous (qu’il vous manipule, vous cherche, vous tyrannise…), vous lui attribuez un pouvoir qu’il n’a pas. Votre enfant est totalement dépendant de vous (physiquement et psychiquement). Alors, pourquoi ferait-il tout exprès ? Pour éloigner la seule personne qui l’aime et qui le protège ? À y regarder de près, cela n’a pas de sens.

Mais surtout, cette représentation négative de votre enfant active en vous tout un système de défenses inconscientes et de tensions corporelles, car elles agissent sur la partie du cerveau reptilien, celle qui indique à votre corps qu’il y a un danger dont vous devez nécessairement vous défendre. Cela engendre un rapport de force et de domination avec votre enfant qui crie de plus belle !

Si vous imaginez que votre enfant ne fait, en rien, cela contre vous, mais qu’il est prisonnier de ses émotions, vous observerez comment cela vous détend et vous permet de garder une certaine empathie pour lui alors que la forme (les cris et les pleurs) reste inchangée.

Attendez que la crise se passe pour dialoguer

Face à un enfant sous stress, qui hurle et qui se sent complètement dépassé, nul besoin de chercher à le calmer, à le consoler ou à rationaliser. Ce n’est pas le bon moment : l’enfant est incapable d’écouter. Tout son esprit est dirigé sur ce qu’il veut (ou ce qu’il n’a pas), ce qui engendre la colère.

En revanche, une fois l’épisode passé, mettre des mots sur ses émotions montre que vous reconnaissez l’importance de sa frustration et lui signifie qu’il a été entendu. Bien sûr, cela ne veut pas dire que vous êtes d’accord avec ce qu’il vous demande mais simplement que vous reconnaissez son émotion cachée. Par exemple, vous pouvez lui dire : « Je comprends que tu veuilles absolument ce camion, il est très beau. C’est frustrant de ne pas l’acheter. Tu as le droit de penser différemment, et même de pleurer. Prends tout le temps dont tu as besoin et quand tu iras mieux nous irons au parc jouer tous les deux. »

Faites-lui un câlin après une crise

Cela peut paraître paradoxal alors que l’enfant vient de nous hurler dessus. Pourtant, pour canaliser ses émotions, l’enfant a besoin d’un modèle. Il a besoin d’un adulte qui gère ses émotions pour le copier et trouver un moyen de contrôler les siennes de manière positive. Le but est de l’aider à faire évoluer son comportement, et non de le punir avec quelque chose qui n’a rien à voir avec sa crise (la télévision, le dessert, les sorties, etc.) ! Le câlin permet à votre enfant de se sentir en sécurité et assez apaisé pour pourvoir reparler après de ce qu’il s’est passé et mettre des mots dessus.

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR - Florence MILLOT

Florence Millot est psychologue clinicienne (diplômée de l’école des Psycho-praticiens) et psycho-pédagogue à Paris. Elle s’est spécialisée dans l’accompagnement thérapeutique des émotions des enfants et de leurs familles.

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