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Développement de l'enfant

Notre défi Montessori : le respect du rythme de l’enfant

3-6 ans
Notre défi Montessori : le respect du rythme de l’enfant

Accompagner un enfant dans les gestes du quotidien n’est pas une mission facile pour un adulte, notamment quand il y a une contrainte horaire.  Mais, même en vacances, quand les emplois du temps sont plus flexibles, il est tout de même encore difficile de se mettre au rythme de l’enfant et d’être à l’écoute de ses besoins profonds. Et c’est ainsi qu’au hasard  d’un début de journée, nous nous surprenons à dire : « allez dépêche-toi », « on ne va pas pouvoir en profiter » ou même pire « laisse-moi faire » …

Mais alors pourquoi est-ce si difficile pour un adulte de respecter le rythme de l’enfant ? Et pourquoi ces petites phrases, ces petits gestes « à la place de l’enfant » refont surface régulièrement ? N’est-ce vraiment qu’une question de temps ?

L’éclairage de Maria Montessori sur cette thématique du rythme est à mon sens particulièrement intéressant.

L'exemple de la marche

Dans son ouvrage L'enfant, en prenant l’exemple de la marche, Maria Montessori met en avant une différence fondamentale entre l’adulte et l’enfant : « L’adulte marche pour atteindre un lieu et se dirige directement vers celui-ci, suivant un rythme établi qui se développe quasi mécaniquement. L’enfant, lui, marche pour développer ses propres fonctions. Il a une mission créative à accomplir. Il est lent, son rythme n’est pas encore établi ; il n’a pas encore de but précis, mais les choses qui l’entourent l’attirent. »

En fait, l’adulte marche pour atteindre une destination, il a toujours un objectif précis (atteindre le sommet de la montagne, faire du sport ou aller chercher le pain…) et est programmé pour l’atteindre le plus efficacement possible, « par le moyen le plus direct », « en un minimum de temps ». L’enfant, lui, marche pour marcher. Tout simplement. C’est un besoin vital et il déploie d’énormes efforts pour y parvenir. Il n’a pas d’objectif précis, il est dans le « faire ».

Et c’est ainsi que cette différence fondamentale se retrouve dans tous les gestes de notre quotidien. L’intention est différente. L’adulte se coiffe pour avoir une image soignée. L’enfant se coiffe pour se coiffer, pour parfaire son geste, pour observer sa main qui se reflète dans le miroir. L’enfant, contrairement à l’adulte, n’envisage pas de résultat.

Adopter une attitude bienveillante

Aussi quand l’adulte « tenté de l’aider », lui prend le peigne des mains et fait à sa place, il endommage sérieusement ses élans et son développement. « Si l’enfant essaye de se coiffer, l’adulte, au lieu d’être saisi d’admiration devant cette tentative, sent ses prérogatives attaquées : il voit seulement que l’enfant ne se peigne ni bien ni vite et qu’il n’atteindra jamais son but, alors que l’adulte pourrait le faire beaucoup mieux. »

C’est ainsi que : « l’adulte s’irrite, non seulement parce que l’enfant essaye en vain d’accomplir une action, mais aussi à cause de son rythme, de sa façon de se mouvoir si différente de la sienne. »  

Et voilà donc que, sans même s’en rendre compte, l’adulte va faire à la place de l’enfant. Le coiffer, l’habiller, lui mettre ses chaussures, le faire manger… saper son autonomie et son envie de faire seul, en y ajoutant souvent une remarque non seulement inutile mais qui va également nuire à sa confiance en lui…

Une attitude bienveillante s’accompagne d’un changement radical du regard et de la posture de l’adulte. Tout d’abord, il doit envisager « l’activité de l’enfant comme un besoin vital » et accueillir le développement du mouvement humain avec une grande émotion. Les premiers gestes de l’enfant sont tout aussi importants et tout aussi merveilleux que ses premiers mots, ses premières phrases. Le comprendre est une étape fondamentale.

Éviter d'intervenir

L’adulte doit ensuite apprendre à observer sans intervenir, à respecter chacun des mouvements de l’enfant. Il doit agir comme le gardien du développement de sa main, de son rythme, et le protéger « dans ses besoins psychiques les plus essentiels. »  Respecter les mouvements de l’enfant signifie donc ne pas l’interrompre. Le laisser agir et faire seul, ne pas faire ou refaire à sa place… C’est le plus difficile finalement.

Dans son œuvre, Maria Montessori nous fait prendre conscience que ces petits gestes anodins causent beaucoup de dégâts sur le développement harmonieux de l’enfant. Leur impact va au delà de ce que nous pouvons imaginer et dépasse largement la banalité de nos gestes du quotidien. Elle écrit : « Qui pourrait supposer que cette aide inutile apportée à l’enfant est la racine de toutes les répressions et, pour cela même, la cause des dommages les plus dangereux que l’adulte puisse lui occasionner. »

Garder cela à l’esprit est une aide précieuse et peut permettre à l’adulte de relever le défi du respect du rythme de l’enfant en agissant en conscience.

Pour aller plus loin

Vous trouverez des supports utiles pour vous accompagner dans cette démarche et encourager l’autonomie de vos enfants dans « 80 activités familiales montessori » et « le calendrier familial montessori » paru en 2019 aux Editions Hatier.

    

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR - Kathleen MAURAND SOLER

Formée à la pédagogie Montessori, Kathleen Maurand Soler partage son expérience et son savoir-faire sur son blog et dans le cadre d’ateliers pour enfants, œuvrant ainsi à une éducation plus respectueuse.

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