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Développement de l'enfant|Vie quotidienne

Mon enfant est souvent malade en revenant de la crèche : explications et solutions !

Toux ? Température ? Vous avez l'impression que votre enfant revient souvent malade de la crèche ? Voici quelques explications et quelques solutions !

L'immunité, c'est quoi ?

Pour assurer sa protection, le corps humain possède deux types de mécanismes de défense : l’immunité innée et l’immunité adaptative.

  • L’immunité innée permet la défense de l’organisme contre les agents infectieux de façon immédiate. Elle est très variable d’un enfant à l’autre et c’est ce qui explique que certains d’entre eux tombent plus souvent malades que d’autres.
  • À l’inverse, l’immunité adaptative confère une protection plus tardive, mais plus durable. C’est pareil pour l’immunité adaptative qui dépend aussi de nombreux facteurs : vaccins, mise en contact avec des germes (virus, bactéries, protozoaires, mycoses). Chacun, selon son statut immunitaire et sa réactivité, va fabriquer plus ou moins d’anticorps. De même, des contacts réguliers avec les agents infectieux, vont stimuler cette immunité, l’entretenir.

 

Des défenses naturelles dès la naissance

Dès la naissance, l’enfant est doté de défenses naturelles – le système immunitaire inné dont nous parlions – qui l’aident à faire barrière contre les intrus qui toucheraient sa santé. En grandissant, l’immunité adaptative se développe comme un rempart contre les différents « agresseurs » qu’il rencontre : virus, bactéries, polluants… C’est souvent pendant les cinq à six premières années de sa vie que rhinites, rhino-pharyngites, conjonctivites, otites, voire angines et bronchiolites apparaissent. Il fabrique ses anticorps et son immunité, ce qui va lui servir pour d’autres contagions à venir. Ainsi, il développe un rempart, bien entendu variable selon chaque enfant. Un lieu où il va se retrouver fréquemment au contact avec ces germes, c’est la crèche.

 

Malgré de grands progrès, la crèche reste un nid à microbes

Des progrès considérables ont été faits ces dernières années, encore davantage améliorés depuis le début de la pandémie du Covid-19 :

  • nettoyage constant des mains du personnel ;
  • gel hydroalcoolique avant de s’occuper d’un autre enfant ;
  • aération des locaux, ventilation ;
  •  meilleure gestion de la température ;
  • port du masque ;
  • gestion des flux de déplacement des personnes ;
  • gestion de repas et des couverts ;
  • distanciation pour certaines activités ;
  • éviction des enfants lors de pathologies ORL traînantes ou récidivantes ;
  • tests PCR pour suspicion de Covid-19 ;
  • meilleure gestion du circuit des déchets et objets souillés (couches, mouchoirs, vêtements souillés) ;
  • etc.

Cependant, malgré ces mesures, la crèche reste un lieu de concentration, de contact long (toute une journée, toute la semaine) ce qui favorise inévitablement la propagation des agents infectieux. Et c’est sans oublier le rôle des supports passifs que sont les vêtements, les pulls, les pantalons qui restent chargés pendant quelques heures. C’est ainsi que certains de ces germes sont rapportés à la maison…

 

Retour en collectivité ?

Le diagnostic du médecin permet le plus souvent de déterminer l’origine virale ou bactérienne de l’infection (dans certains cas, il fera un frottis de la gorge par exemple) et donc le traitement à administrer. Les antibiotiques soignent les maladies bactériennes mais sont inefficaces face à une maladie virale. Si certains parents semblent vouloir que leur enfant soit soigné à tout prix par des antibiotiques, c’est qu’ils pensent que l’ordonnance d’antibiotiques est le « sésame » qui va permettre la réadmission de l’enfant. Pour contrer cette idée reçue, il peut être utile de préciser dans les règlements intérieurs des crèches et les protocoles d’accueil qu’une ordonnance d’antibiotiques n’est ni une pièce justificative, ni un argument facilitant la réadmission de l’enfant en collectivité. Pour certaines pathologies ne nécessitant pas l’éviction, la fréquentation de la collectivité est déconseillée lors de la phase aiguë de la maladie. Cette décision, prise au cas par cas, est du ressort du responsable de la structure et doit être conditionnée par le confort de l’enfant, notamment si les symptômes sont sévères. La responsable de la crèche veille à la bonne application de ces lignes de conduite. Celles qui sont trop laxistes pour rendre service aux parents sont vite débordées et il devient ensuite difficile de faire machine arrière, de mauvaises habitudes sont prises par certains parents.

 

Comment renforcer le système immunitaire de mon enfant ?

Il est bien entendu qu’un enfant qui a une alimentation équilibrée se défendra mieux contre les infections récurrentes. Sans faire ici un cours magistral, retenez quelques notions et règles simples :

  • les rythmes de sommeil sont à respecter chez votre enfant ;
  • la régularité des horaires des repas ;
  • un bon équilibre entre matières grasses (acides gras essentiels comme les oméga-3 et 6 par exemple), les glucides complexes (dextrine maltose, fructo-oligosaccharides, amidon, cellulose, pectines que vous trouverez dans les céréales, les féculents, type manioc, pommes de terre, patates douces, lentilles, pois cassés, etc.) ;
  • le fer, surtout le fer héminique que vous trouvez dans les viandes rouges saignantes, les abats saignants, les oeufs. Le fer non héminique, moins efficace, se trouve lui dans les fèves, les pois cassés, les haricots rouges, les lentilles) ;
  • le calcium présent dans le lait, les laitages, les fromages riches (comme le comté, l’appenzeller) ;
  • la vitamine D que votre pédiatre prescrit à votre enfant régulièrement : attention cependant à ne pas en donner trop, car il peut y avoir un risque de surdosage avec danger pour les reins ;
  • la vitamine C trouvée dans les fruits (tels que les cassis et les agrumes) et les légumes (en particulier le persil et le poivron rouge) ;
  • vous pouvez booster votre enfant avec de l’homéopathie par exemple Influenzinum 9 CH, 1/2 tube entier chaque lundi ;
  • n’oubliez pas les bienfaits de certaines plantes : l’acérola, une petite baie du Brésil, le cynorrhodon faux fruit de l’églantier sauvage, l’échinacée, la propolis fabriquée par les abeilles ;
  • et apprenez à votre enfant très tôt à se moucher, à tousser dans son coude, à se laver les mains après avoir été aux toilettes, à se brosser les dents ;
  • respectez bien les posologies et la durée du traitement induit par votre médecin ;
  • et l’activité physique à tout âge stimule les défenses immunitaires : faites marcher votre jeune enfant plutôt que d’user de la poussette tout le temps (certes bien pratique pour ne pas perdre de temps).

 

Changer de mode de garde ?

Si malgré toutes ces précautions votre enfant tombe régulièrement malade, en particulier quand vous le remettez à la crèche après une absence pour vacances par exemple, il faudra probablement vous interroger sur les points suivants :

  • voir avec le pédiatre s’il n’y a pas un problème organique sous-jacent (végétations épaissies ? grosses amygdales ? baisse de l’immunité ?) ;
  • réfléchir à le faire garder par une assistante maternelle ;
  • ne pas le mettre tous les jours à la crèche ;
  • changer de crèche si vous pensez que la zone est polluée (automobiles ?) et que cela peut avoir un impact sur la santé de votre enfant. De même si les locaux sont anciens (perturbateurs endocriniens ?).

Dans tous les cas, prenez le conseil de votre pédiatre.

 

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CET ARTICLE A ETE ECRIT PAR - Arnault PFERSDORFF

Pédiatre réanimateur en exercice, Arnault Pfersdorff est ancien interne des Hôpitaux, Ancien Chef de Clinique des Universités – Assistant des Hôpitaux.

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